CARACTERISTIQUES DU VAL DE BREHEMONT

DESCRIPTION DU VAL 

Entre le confluent du Cher et la vallée de l’Indre, le val de Loire en rive gauche a été artificiellement divisé en deux vals. L’un côté Loire, occupant l’essentiel des terrains et entièrement endigué, c’est le val de Bréhémont (ou de La Chapelle aux Naux), l’autre constitué par la dépression latérale en limite de coteau, le val du Vieux Cher. Ce dernier correspond à l’ancien lit du Cher (avant 1778), à une époque où il  n’avait pas encore été dévié. Il se jetait alors dans la Loire au lieu dit Rupuanne ( à près de 15 kilomètres plus en aval qu’aujourd'hui) et les basses vallées du Cher et de l’Indre se rejoignaient au niveau de Marnay. 

Le val de Bréhémont a une longueur de 14 km et une largeur moyenne d’un peu moins d’un kilomètre, soit une superficie de 1300 ha environ. Le val du Vieux Cher est plus court : 8 km entre le Cher et l’Indre. Sa largeur moyenne est de quelques centaines de mètres et sa superficie de 700 ha. 

A partir de Marnay, l’Indre coule parallèlement à la Loire sur environ 15 kilomètres avant de la rejoindre au lieu-dit le Néman, à l’amont immédiat de la centrale nucléaire de Chinon. Cette basse vallée de l’Indre a une superficie de 1200 hectares environ. 

Le val de Bréhémont ne possède pas de réseau hydrographique. Celui du vieux Cher est drainé par le Vieux Cher et un autre bras de rivière dans sa partie aval (boire Masson). La basse vallée de l’Indre est drainée par l’Indre et ses nombreux bras : boire Torse, bras de Charrière ... 

Il s’agit de vals ruraux. Le val de Bréhémont porte un habitat dispersé assez important. 

Le val du vieux Cher ne comprend que quelques constructions isolées. La basse vallée de l’Indre comporte plusieurs hameaux  : l’Ile Saint Martin, Rupuanne, les Rivières, le Néman. 

Les communes dont le territoire est concerné par ces vals sont, d’amont en aval : Villandry, la Chapelle aux Naux, Lignières de Touraine, Rivarennes, Bréhémont, Rigny-Ussé, Huismes et Avoine ainsi que La Chapelle sur Loire située en rive nord mais dont une petite partie du territoire communal s’étend en rive sud.

OUVRAGES DE PROTECTION

Le val de Bréhémont est entièrement endigué : côté Loire par une levée comparable aux autres levées de la Loire et côté val du Vieux Cher par une levée irrégulière de faibles caractéristiques géométriques. Le val du Vieux Cher est bordé d’un coté par le coteau et de l’autre par la levée du Vieux Cher. 

Les deux vals sont munis chacun d’un déversoir ouvert dans la levée du Cher et dont l’ensemble forme les déversoirs dits de Villandry. Ces déversoirs ont été construits en 1892 à l’emplacement des brèches qui se sont produites lors des crues de 1856 et 1866. Ce dispositif a été étudié de manière à ce que le déversoir du Vieux Cher fonctionne le premier puis, si la crue continue de croître, alors seulement le val habité de Bréhémont est inondé par fonctionnement de celui de La Chapelle aux Naux. Ces deux déversoirs sont  munis d’une banquette fusible d’une hauteur de 1,40 m environ. 

En aval de Rupuanne, la basse vallée de l’Indre est séparée de la Loire par la suite de la levée de la Loire puis, à partir du hameau de l’Ile Saint Martin,  par la levée de Bois-Chétif. Cette levée est ouverte à l’aval près de la confluence de l’Indre. 

La levée de Loire a fait l’objet de plusieurs tranches de travaux de renforcement depuis 1996. 

La levée du Vieux Cher a été récemment nettoyée dans sa partie aval (à l’aval de Lignières de Touraine).

RISQUE D’INONDATION 

Les vals du Vieux Cher, de Bréhémont ainsi que la basse vallée de l’Indre ont été inondés lors des crues de 1846, 1856 et 1866 : 

En octobre 1846, la basse vallée de l’Indre a été inondée par remous depuis la confluence de l’Indre et par une brèche qui s’est ouverte dans la levée de Loire à l’aval de Rupuanne. Le val du Vieux Cher a été inondé partiellement, par remous, jusqu’au niveau de Lignières de Touraine. Le val de Bréhemont n’a pas été inondé. 

En juin 1856, la totalité du secteur a été inondée. Une brèche s’est ouverte dans la levée du Cher à proximité du confluent avec la Loire (à l’emplacement du déversoir actuel de La Chapelle aux Naux), inondant par l’amont le val de Bréhemont. La levée de Loire a de plus été submergée en de nombreux points et des brèches se sont ouvertes à Bréhemont. La levée du Vieux Cher a été submergée et rompue en de nombreux points, ce qui a provoqué l’inondation complète du val du Vieux Cher. La basse vallée de l’Indre a été totalement inondée par plusieurs brèches, vers Rupuanne et vers l’Ile Saint Martin. Plus à l’aval, la levée de Bois Chétif, offrant un débouché insuffisant pour évacuer les débits pénétrant dans la vallée depuis l’amont, a été rompue sur une grande longueur (on a comptabilisé 7 brèches sur les 3 derniers kilomètres de la levée).  

En septembre 1866, l’inondation a été comparable à celle de 1856 avec toutefois des niveaux maximums inférieurs. 

Les  niveaux atteints aux principales échelles de crue durant ces crues ainsi que durant celle de 1907 sont indiqués dans le tableau ci-dessous : 

Année

Débits maximaux
au m3/s

Hauteur maximale de la Loire aux échelles de crues en m

Langeais

Cinq-Mars-la-Pile
Z0=38,60

Langeais
Z0=36,50

La Chapelle s/ Loire
Z0=31,18
Port Boulet
Z0=29,53

1846

5500 6,33 6,30 - 6,24

1856

6000 7,38

6,90

7,03 6,82

1866

6000 7,20 6,80 6,83 -

1907

- -

5,35

- 5,40

Pour une crue du type de celle de 1856 dans les conditions actuelles, les deux vals seraient inondés. 

Le seuil de fonctionnement du déversoir du Vieux Cher est de 5100 m3/s, celui du déversoir de la Chapelle aux Naux de 5600 m3/s. Ces débits s’entendent en Loire au droit du déversoir. L’encombrement important du val du Vieux Cher dans sa partie amont risque toutefois de perturber le fonctionnement du déversoir du Vieux Cher ou de provoquer l’inondation anticipée du val de Bréhemont par rupture de la levée du Vieux Cher. 

La basse vallée de l’Indre peut être inondée à la fois par les crues de l’Indre et de la Loire (par remous). En l’absence de crue de l’Indre, ce remous apparaît pour des crues assez faibles. 

La basse vallée de l’Indre a été totalement inondée durant la crue de janvier 1982.

CARACTERISTIQUES DU VAL DE LANGEAIS

DESCRIPTION DU VAL 

Le val de Langeais s’étend en rive droite de la Loire sur une longueur de 6 km entre Cinq Mars la Pile et Langeais. Sa largeur moyenne est d’1 km et sa superficie d’environ 600 ha. Il est drainé par les ruisseaux du Breuil et des Agneaux et traversé à son extrémité aval par la rivière La Roumer. 

L’urbanisation est regroupée aux deux extrémités dans les agglomérations de Cinq Mars la Pile et Langeais, le centre de chacune de ces communes étant inondable. En outre, toutes deux possèdent des zones d’activité importantes dans le val. 

La voie ferrée Tours-Angers traverse le val dans toute sa longueur sur un remblai 

A l’amont de Cinq Mars la Pile existe un petit val (qui est en fait l’extrémité amont du val de Langeais) protégé par la levée de Loire et séparé du val de Langeais proprement dit par le remblai d’accès au viaduc SNCF. 

De même, le val de Langeais se poursuit à l’aval du pont de Langeais sur près de 3 kilomètres par un petit val très étroit séparé de la Loire par le remblai de la voie ferrée. 

OUVRAGES DE PROTECTION 

Le val est fermé par une levée continue qui se confond aujourd'hui par endroits avec la déviation de Cinq-Mars la Pile de la RN 152. A son extrémité aval, un clapet est aménagé à l’exutoire de la Roumer. Ce dispositif est complété par deux stations de relèvement destinées à renvoyer en Loire les eaux de cette rivière lorsque le niveau de la Loire est supérieur au clapet. 

Une petite levée transversale, entre la levée et le coteau, a été construite à l’amont immédiat de Langeais, à la suite de la crue de 1866,  pour protéger le centre ville en cas de rupture de la levée à l’amont. 

RISQUE D’INONDATION 

Lors des crues de 1846, 1856 et 1866, le val a été inondé : 

En 1846, une brèche s’est ouverte dans la levée au lieu dit Les Varennes. La totalité du val a été inondée. 

En 1856, une brèche s’est ouverte à proximité de la brèche de 1846. Le val s’est rempli par cette brèche et le niveau s’est élevé jusqu’à ce que la levée cède à Langeais, à l’amont immédiat du pont. Le niveau atteint dans le val à Langeais a ainsi été supérieur à celui dans le lit de la Loire proprement dit. La totalité du val a été inondée. 

En 1866, le val a été inondé par déversement par dessus la levée. L’inondation du val a été moins importante qu’en 1856 même si la quasi-totalité du val a été atteinte. 

Dans la situation actuelle, il n’y aurait pas d’inondation par la Loire pour des crues comparables à celles du siècle dernier sauf en cas de brèche accidentelle dans la levée. 

A l’aval de Langeais, la partie située au nord de la voie de chemin de fer est inondable par les ponceaux sous cette voie.

CARACTERISTIQUES DE LA CONFLUENCE LOIRE VIENNE

(SECTEUR DU VERON) 

DESCRIPTION DU SECTEUR

Ce secteur appelé le Véron correspond à la zone de confluence de la Loire et de la Vienne. Il s’étend approximativement sur la Loire de Port Boulet à Candes Saint Martin et sur la Vienne de Beaumont en Véron à Candes Saint Martin. Les communes concernées sont Avoine, Savigny en Véron, Beaumont en Véron, Candes Saint Martin, Saint Germain sur Vienne. 

L'habitat y est soit disposé le long des routes, soit regroupé dans les centres bourgs et dans quelques hameaux: Bertignolles, la Gilbardière, … 

Pour une crue cinquantennale, ce val représente le quatrième pôle d'enjeux touché pour l'habitat (plus de 7% de la Loire moyenne). Pour une crue centennale, sans rupture de levées, son poids vis-à-vis des enjeux Loire moyenne est encore plus fort,  puisqu'il est le premier pôle d'enjeux touché à la fois pour la surface agricole et pour l'habitat. 

OUVRAGES DE PROTECTION 

Il n’y a pas d’ouvrage de protection contre les crues mis à part une banquette en terre ou une murette de hauteur de l’ordre du  mètre le long de la Loire entre le Port Boulet et Bertignolles. 

RISQUE D’INONDATION 

Ce secteur est soumis aux crues de la Vienne et de la Loire. C’est donc une zone très inondable, notamment  en rive droite de la Vienne. 

Il a été fortement inondé durant les crues de la Loire de 1846, 1856 et 1866 mais également lors des grandes crues de la Vienne comme celle de Décembre 1982. 

Les cotes observées aux principales échelles de crues du secteur sont les suivantes: 

Année

Hauteur maximale du niveau d'eau
 aux échelles de crues en m

La Vienne à Chinon
Z0=28,79

La Loire à Chouzé
Z0=28,74

La Loire à Montsoreau
Z0=26,84

1846

- 5,70 -

1856

5,80

6,51

7,20

1866

5,70 6,41 7,10

1907

5,85

5,49

6,58