CARACTERISTIQUES DU VAL DE TOURS

DESCRIPTION DU VAL

Situé entre la Loire et le Cher qui s’écoulent longtemps en parallèle, le val de Tours s’étend sur une longueur de 26 km, du coteau de Montlouis jusqu’au confluent de la Loire et du Cher : sa superficie est d’environ 4600 hectares.

Le réseau hydrographique du val est peu marqué, les eaux de ruissellement s’écoulent vers des mares et des fossés, en communication avec la nappe. Le ruisseau de l’Archevêché qui drainait le sud de l'ancienne ville  de Tours a aujourd'hui presque entièrement disparu sous la poussée de l’urbanisation. La zone la plus en aval est drainée par le fossé Sainte-Anne d’une longueur d’environ 4 km.

Ce val est aujourd'hui très fortement urbanisé. La ville de Tours occupe toute la zone centrale du val. Les communes fortement urbanisées de Saint Pierre des Corps, la Ville aux Dames et la Riche sont entièrement situées dans le Val. Saint Genouph  et Berthenay sont situées en totalité dans la partie aval du val de Tours. Restées longtemps rurales, elles connaissent aujourd'hui un développement rapide de l’urbanisation. A l’amont, Montlouis a une partie de son territoire dans le val. En cas d'inondation, suite à une rupture de levée, ce val représentera à lui seul plus de 40 % des enjeux inondés en Loire moyenne pour l'habitat et les activités économiques fluviales, ce qui le place au premier rang pour ce type d'enjeux.

En rive droite de la Loire, la zone située au pied du coteau est inondable. Cela concerne les communes de Rochecorbon, Tours (quartiers de Ste Radegonde et de St Symphorien) et  Saint Cyr sur Loire.

Au sud du Cher, les communes de Larçay, Saint Avertin, Joué les Tours, Ballan-Miré, Savonnières et Villandry ont une partie de leur territoire située dans le val inondable du Cher. A Saint Avertin, une zone d’activité a été implantée dans les années 1970 dans la vallée du Cher, à l’abri derrière une levée de 3 kilomètres de longueur.  

OUVRAGES DE PROTECTION

Le val de Tours est entièrement endigué. On distingue trois levées principales et quelques ouvrages supplémentaires : 

La levée de la Loire. Elle a une longueur de 28 km, depuis le coteau de Montlouis jusqu’au confluent du Cher. Cette levée a été entièrement renforcée à des dates diverses ( des travaux de renforcement du pied de digue ont été réalisé sur le tronçon amont entre 1994 et 1997)  et possède de bonnes caractéristiques géométriques. Deux endiguements ont été réalisés en 1974 et 1978 au niveau des bourgs de Saint Genouph et Berthenay. 

La levée du Cher à l’amont de Tours dite levée de Rochepinard. Cette levée a été renforcée en totalité. Dans sa partie aval, elle a été doublée par une levée construite pour permettre le développement d’une zone d’activité (secteur du parc des expositions). A l’aval de la levée de Rochepinard, dans la traversée de Tours, les terrains ont été remblayés le long du Cher pour permettre la construction d’un quartier nouveau. Ces terrains constituent aujourd'hui l’ouvrage de protection contre les crues. A l’aval du pont St Sauveur, la protection est aujourd'hui formée par le boulevard Louis XI, jusqu’au niveau de l’échangeur du périphérique Ouest. 

La levée du Cher continue la protection à l’aval du périphérique Ouest de Tours. Elle rejoint la levée de Loire au niveau du confluent du Cher. Cette levée, de 18 kilomètres de longueur, est un ouvrage ancien qui a gardé son tracé sinueux. Cette levée est en cours de renforcement. 

L’autoroute A10 a été construite sur le tracé de l’ancien canal de jonction entre la Loire et le Cher. Les digues situées de part et d’autre de ce canal ont joué un rôle considérable lors des crues du XIX siècle, en isolant le centre du val (et donc la ville de Tours) de la partie amont particulièrement exposée aux inondations par suite de brèches dans la levée de Loire ( vers le lieu-dit Conneuil) et de Rochepinard. L’autoroute pourrait ainsi constituer un second rempart de défense de la ville de Tours, sous réserve de pouvoir boucher efficacement les passages aménagés sous cette voie.  

RISQUE D’INONDATION 

Tout le val de Tours, à l’exception de quartiers hauts de la ville situés sur le long de la Loire, de part et d’autre de la rue Nationale, a été inondé au moins une fois lors des crues du siècle dernier : 

Lors de la crue d’octobre 1846, le val de Tours amont (à l’amont du canal de jonction entre Loire et Cher) a été inondé ainsi que le val aval (à l’aval de l’actuel boulevard périphérique Ouest). Une partie de la ville même a été inondée par infiltrations ou par le réseau d’égout. En rive droite de la Loire, les quartiers de Rochecorbon, Marmoutiers, Sainte Radegonde et Saint Symphorien situés au pied du coteau  furent largement inondés par des infiltrations a travers les levées. 

Lors de la crue de juin 1856, l’inondation s’est produite de la manière suivante : la levée de la Loire a cédé au niveau de Conneuil sur la commune de La Ville aux Dames. Le flot a traversé le val en faisant des brèches  dans la digue de Rochepinard (coté Cher). La Loire rejoignait alors le Cher à l’amont de la ville de Tours. Des brèches sont ensuite apparues dans les digues du canal de jonction, inondant la partie située au sud de la ville. Enfin une  brèche qui s’est ouverte au niveau de la gare du canal et le vide crée dans l’ancienne muraille de défense de Tours  pour construire la nouvelle gare ferroviaire permirent l’inondation du centre historique de la ville. A l’aval,  plusieurs brèches se sont  ouvertes près de Savonnières dans la levée de la Loire et dans celle du Cher. Les levées ont été partiellement submergées. Les hauteurs d’eau dans la ville de Tours sont connues grâce aux documents d’archive : souvent comprises entre 1 et 2 mètres, elles ont ponctuellement pu dépasser 4 mètres. 

Lors de la crue de septembre 1866, le val de Tours amont a été inondé par suite d’une brèche qui s’est ouverte à Conneuil, à proximité de la brèche de 1856. Le val de tours aval a été également totalement inondé par suite de la formation de plusieurs brèches et de la submersion partielle des  levées. Dans cette partie aval, la crue de 1866 a dépassé  celles de 1846 et 1856. La partie centrale du val n’a pas été inondée. 

Le val de Tours n’a plus été inondé depuis cette date. 

Les niveaux atteints aux échelles de crue  en 1846, 1856 et 1856 ainsi que durant la crue d’octobre 1907 sont les suivants : 

Année

Débits maximaux
au m3/s

Hauteur maximale de la Loire aux échelles de crues en m

Bec d'Allier

Tours

Montlouis Z0=48,40

Tours
Z0=44,60

Cinq-Mars-la-Pile
Z0=79,85

1846

Proche de 7600 - 6,50 7,15 6,60

1856

7600

5500 7,10

7,52

7,25

1866

7600

5500 6,30 7,20 7,20

1907

4150

4000 5,71

5,60

-

De nos jours, l’effet conjugué de l’approfondissement du lit, du barrage écrêteur de crues de Villerest et du renforcement des levées diminue le risque de brèches dans la levée de la Loire, sans pour autant le supprimer totalement. Le risque de submersion de la levée n’apparaît pas avant une crue de fréquence plus que centennale. 

Le  renforcement de la digue de Rochepinard, son doublement dans la partie aval (digue du quartier du parc des expositions) et le remblaiement des terrains à une cote supérieure à celle de la crue de 1856 dans les quartiers sud de Tours rendent peu probable l’inondation de Tours et du val à l’amont par une brèche coté Cher. 

En revanche, le risque de brèche dans la partie aval de la digue du Cher, non encore totalement  renforcée, demeure. Selon l’emplacement de la brèche et suivant le niveau des eaux dans le Cher, l’inondation qui en résulterait pourrait atteindre une partie de l’agglomération de Tours par remous ( principalement les quartiers situés à l’Ouest du boulevard périphérique).

 

DESCRIPTION DU VAL DE LUYNES 

DESCRIPTION DU VAL 

Le val de Luynes s’étend en rive droite de la Loire sur 9 km, de Saint Cyr sur Loire au hameau du Pont de Bresme (commune de Saint Etienne de Chigny). Sa largeur moyenne est de 750 m et sa superficie de 550 ha. Il est drainé dans la partie aval par la Bresme et plus en amont par le ruisseau de la Grande Boire. Les communes dont le territoire est concerné sont Saint Cyr sur Loire, Fondettes, Luynes et Saint Etienne de Chigny. 

C’est un val essentiellement agricole avec un habitat dispersé, plus dense toutefois le long de la levée. 

OUVRAGES DE PROTECTION 

Le val de Luynes est protégé par une levée continue de 10 kilomètres de longueur. Elle est munie à son extrémité aval, au franchissement de la Bresme, d’un ouvrage anti-retour avec clapets. Un dispositif de pompage permet de rejeter en Loire les eaux de la Bresme lorsque les clapets sont fermés, à partir d’un débit de fréquence 5 ans. 

Cette levée est renforcée depuis 1995 dans le cadre du contrat de Plan Etat-Région Centre. Les travaux doivent se poursuivre, notamment dans sa section aval. 

RISQUE D’INONDATION 

Le val n’a été inondé, au XIX ème siècle, que lors de la crue de Mai-Juin 1856, par refoulement depuis son extrémité aval, sans doute suite à un mauvais fonctionnement ou une submersion de l’ouvrage sur la Bresme. La moitié aval du val a été inondée. 

De nos jours, le val de Luynes ne serait inondé qu’en cas de formation d’une brèche dans la levée. Le risque de brèche par surverse est aujourd'hui très faible, pour des crues plus fortes que la centennale. Un risque de brèche par érosion du pied de digue subsiste dans ce secteur où la levée est souvent en contact direct avec le lit. Enfin, des inondations sont possibles par infiltrations ou remontée de la nappe alluviale. Ces inondations pourraient concerner notamment les nombreuses maisons situées en contrebas immédiat de la levée. 

 

CARACTERISTIQUES DU VAL DE VILLANDRY 

Situé le long du Cher à proximité de sa confluence avec la Loire, le val de Villandry a une longueur de 3 kilomètres. 

C’est un val rural, d’une superficie de 150 hectares. La seule commune concernée est celle de Villandry. 

Il est protégé des crues du Cher et de la Loire par une levée continue de 3 kilomètres de longueur. Cette levée se raccorde à l’aval à la digue en retour qui longe le déversoir du Vieux Cher. 

Ce val a été inondé lors de la crue de 1866 par rupture de la levée. 

Dans les conditions actuelles, ce val ne serait inondé que pour des crues plus fortes que la centennale sauf rupture accidentelle de la levée.