CARACTERISTIQUES DU VAL DE BLOIS

DESCRIPTION DU VAL 

Situé en rive gauche de la Loire, le val de Blois s’étend sur 25 km de longueur, de Montlivault à l’amont à l’embouchure du Beuvron à l’aval. Sa largeur moyenne est de l’ordre de 1,5 km et sa superficie de 3200 ha environ. 

Le réseau hydrographique du val est constitué par le Cosson et son affluent la Noue. Le Cosson rejoint le Beuvron à moins d’1 km de l’embouchure en Loire de ce dernier. 

Le val de Blois est très peu urbanisé à l’exception du tissu urbain dense de l’ancien quartier du Faubourg de Vienne et des quartiers qui se sont développés à l’intérieur de l’enceinte formée par d’une part  et de son extension, plus récente, à l’extérieur de la partie endiguée, le long de la route de Saint Gervais la Forêt. 

Les communes dont le territoire se situe en partie dans le val sont d’amont en aval : Montlivault, Saint Claude de Diray, Vineuil, Blois, Saint Gervais la Forêt, Chailles et Candé sur Beuvron.

OUVRAGES DE PROTECTION 

Il convient de distinguer 3 parties distinctes : 

Le val de Blois amont (appelé parfois val de Montlivault), de Saint Dié à Blois. Il est protégé par une levée continue, de 12 kilomètres de longueur. Cette levée est munie, à son extrémité amont, du déversoir de Montlivault construit entre 1887 et 1890 à l’emplacement des brèches des crues de 1846 et 1856. Cet ouvrage, d’une longueur totale de 560 mètres, a été entièrement restauré en 1994. Son seuil en maçonnerie est surmonté d’une banquette fusible en terre de 1,30 mètres. La levée se prolonge, à l’entrée de Blois,  par la levée des Parcs qui retarde l’inondation du val par remous en cas de fonctionnement du déversoir de la Bouillie (voir plus loin). 

Le val de Blois aval, de Blois à Candé-sur-Beuvron. Il est protégé par une levée continue, d’une longueur de 12 kilomètres, de Blois à Candé sur Beuvron. Cette levée s’interrompt à l,2  kilomètre à l’amont du confluent du Beuvron et de la Loire. 

La partie endiguée du quartier de Vienne. Elle comprend le faubourg de Vienne, d’origine très ancienne et les terrains compris dans l’extension de l’enceinte réalisée entre 1856 et 1875 par la construction, en deux temps,  des levées dites « de Bas Rivière ». Le quartier de Vienne est ainsi protégé par un ensemble de levées formant une enceinte continue: levée de la Loire, levée de l’Eperon, levée des Acacias et levées de Bas Rivière. 

Entre le val de Blois amont et le quartier de Vienne, un corridor est ménagé pour l’écoulement des crues. Ce corridor très ancien, appelé parfois « canal de Blois » ou  « la Boire » est alimenté à l’amont par le déversoir de la Bouillie  situé entre la levée de protection du val à l’amont et les endiguements du quartier de Vienne à l’aval. Ce déversoir est d’origine très ancienne. Il succède à l’ancien « déchargeoir » dont la présence est attestée dés 1584. Il a été remanié à de très nombreuses reprises. Dans le prolongement du couloir de la Boire, la dépression latérale du val où coule le Cosson ( couloir de Saint Gervais)  permet lors des grandes crues, l’écoulement des eaux  provenant du déversoir de la Bouillie d’une part et de celui de Montlivault d’autre part. Cette capacité d’écoulement est aujourdhui réduite par les constructions qui se sont implantées au sud du faubourg de Vienne ainsi que par le remblai de la route de Saint Gervais (RD 956) qui a toutefois été abaissé après les grandes inondations de 1846,1856 et 1866.  

RISQUE D’INONDATION  

Le val de Blois a été inondé lors des crues de 1846, 1856 et 1866 : 

En octobre 1846, le déversoir de la Bouillie a fonctionné bien avant le maximum de la crue et a provoqué la rupture de la levée des Parcs (et de la levée des Pingres aujourd'hui disparue). Une brèche s’est ensuite ouverte dans la levée à Montlivault, ce qui a entraîné l’inondation de la totalité du val amont. L’afflux de débit supplémentaire dans le couloir de St Gervais a alors provoqué la rupture en deux endroits de la levée des Acacias, entraînant l’inondation du faubourg de Vienne. Le val de Blois aval a été inondé en totalité. 

En mai-juin 1856, le même scénario s’est reproduit: fonctionnement du déversoir de la Bouillie,  rupture des levées des Parcs et des Pingres,  rupture de la levée à Montlivault et enfin rupture de la levée des Acacias. La totalité du val de Blois a ainsi été inondée. 

En septembre 1866, le déversoir de la Bouillie a fonctionné et le val de Blois amont a été partiellement inondé par remous. Mais le « travail acharné des riverains » permit d’éviter la formation de brèches à Montlivault et dans la levée des Acacias. La partie ancienne du faubourg de Vienne a été épargnée ( l’inondation s’est produite par l’aval, la levée de Bas Rivière n’étant pas achevée). 

Depuis cette date, le déversoir de la Bouillie a fonctionné à 4 reprises, durant les crues d’octobre 1872, de mars 1895, d’octobre 1907 et de janvier 1924.  

Les niveaux atteints lors des crues de 1846, 1856 1866 et 1907 sont les suivants :  

Année

Débits maximaux
au m3/s

Hauteur maximale de la Loire aux échelles de crues en m

Blois

Muides
Z0=73,41

Blois
Z0=65,94

Chouzy
Z0=79,85

1846

  5,90 6,60 -

1856

5700 6,01

6,78

-

1866

5700 6,00 6,70 6,29

1907

3900 5,15

5,63

4,90

Dans les conditions actuelles, pour une crue de fréquence décennale, l’inondation du val de Blois commence par l’aval, dans le secteur de Candé, à l’endroit où la levée s’interrompt. L’inondation n’atteint pas de zones urbanisées. Elle s’étend progressivement vers l’amont, en suivant la dépression latérale où coule le Cosson, pour des crues plus fortes. 

Lorsque le débit de la Loire atteint 3900 m3/s, soit une crue de période de retour de 30 ans environ, le déversoir de la Bouillie entre en fonctionnement. L’inondation va rapidement s’étendre à toute la zone comprise entre le quartier de Vienne et le coteau: les habitations situées au sud du quartier de Vienne seront touchées et la route de Saint Gervais (RD946) sera coupée. Le val de Blois aval sera inondé en totalité ainsi qu’une partie du val de Blois amont,  par remous. 

Enfin, si le débit de la Loire atteint 5200 m3/s, ce qui correspond à une crue de fréquence centennale, le déversoir de Montlivault se met en fonctionnement et inonde le reste du val de Blois amont. 

Le faubourg de Vienne n’est pas inondé pour les crues de période de retour inférieure à 500 ans environ sauf en cas de rupture accidentelle des levées. Cependant, même en l’absence de rupture de digues, des parties du faubourg pourraient être inondées par infiltrations ou par remontée de la nappe alluviale.

 

 DEVERSOIR DE MONTLIVAULT



 

 DEVERSOIR DE LA BOUILLIE


 

  


CARACTERISTIQUES DU VAL DE MENARS 

 

Ce petit val s’étend en rive droite de la Loire, de Saint Denis sur Loire à Blois,  sur 7 km de longueur. Sa largeur moyenne est de l’ordre de 400 m et sa superficie d’environ 230 ha. 

Le réseau hydrographique est constitué par le ruisseau des Mées. 

Ce val fait partie des communes de Saint Denis sur Loire, la Chaussée Saint Victor et Blois. Il n’est pas urbanisé hormis son extrémité aval (quartier de la Tillière à Blois). 

Il est protégé par une levée d’une longueur de 7 km qui n’a pas été renforcée. A son extrémité aval, le ruisseau des Mées a été détourné et une levée transversale (levée de la Tillère ) a été construite, à la suite de la crue de 1856,  pour protéger le quartier de la Tillère. Le ruisseau des Mées débouche en Loire au travers d’un ouvrage construit sous la levée et muni d’une vanne. 

Ce val a été inondé lors des crues de 1846, 1856 et 1866, des brèches s’étant à chaque fois ouvertes dans la levée à son extrémité amont (brèche d’entrée) et à son extrémité aval (brèche de retour). Le quartier de la Tillère n’a pas été inondé en 1866, la levée de la Loire ayant été volontairement ouverte durant la crue pour éviter la rupture de la levée de la Tillère qui menaçait de se produire. 

Dans les conditions actuelles, ce val ne devrait pas être inondé pour une crue du type de 1856. Le risque de formation d’une brèche est toutefois important, tant à l’amont qu’à son extrémité aval (absence de reversoir permettant aux eaux qui se seraient introduites par une brèche à l’amont de regagner la Loire). 

 Enfin, même en l’absence de brèche, des inondations ponctuelles sont possibles par infiltrations,  remontée de la nappe alluviale et débordement du ruisseau des Mées dont l’exutoire en Loire devrait être fermé.