CARACTERISTIQUES DU VAL D'ORLEANS

DESCRIPTION DU VAL 

Situé en rive gauche de la Loire, le val d’Orléans s’étend sur une quarantaine de kilomètres de longueur, de Bouteille au confluent du Loiret. Sa largeur moyenne est de l’ordre de 4 km et sa superficie de 16 700 ha. 

Le réseau hydrographique du val est constitué par la Dhuy et ses affluents (l’Ousson, la Marmagne, la Bergeresse) qui rejoint le Loiret, également alimenté par des pertes de la Loire dans le réseau karstique entre Bouteille et Jargeau. 

Le val d’Orléans est très urbanisé, surtout dans sa partie aval : on estime aujourd'hui à plus de 45 000 le nombre de  personnes habitant dans la zone inondable. Les communes dont le territoire est inondable totalement ou en partie, sont d’amont en aval : Guilly*, Neuvy en Sullias*, Sigloy, Tigy*, Ouvrouer les champs, Vienne en Val, Jargeau , Férolles, Darvoy, Sandillon, St Cyr en Val, St Jean le Blanc, Olivet, Orléans, St Pryvé St Mesmin, St Hilaire St Mesmin. L’agglomération orléanaise est particulièrement concernée. L'urbanisation de la rive sud de la Loire y est ancienne, mais elle a connu un très fort développement depuis la fin des années 1960 et de nombreuses zones d’habitations, d’activités commerciales et industrielles s’y sont développées. 

Le val d’Orléans est aussi une zone agricole où les cultures spécialisées ( pépinières, horticulture, maraîchage, serres ) occupent une place très importante. 

(*) non inondées lors des crues de 1846, 1856 et 1866, mais susceptibles de l'être si une brèche se produisait dans la levée à son extrémité amont. 

OUVRAGES DE PROTECTION 

Le val d’Orléans est protégé par une levée de 42 km de longueur, interrompue à son extrémité aval à 3,5 km environ en amont du confluent du Loiret. Cette levée est particulièrement exposée aux attaques du courant en rive concave des grands méandres comme à Sandillon et en quelques autres endroits. Des brèches s'y sont produites lors des grandes crues antérieures. Elle a été renforcée sur toute sa longueur. 

Un déversoir a été aménagé à Jargeau en 1882, à proximité de l’endroit où des brèches s’étaient produites en 1846, 1856 et 1866. Ce déversoir, de 715 m de longueur totale dont 575 m au niveau du seuil en maçonnerie, est arasé à 3,70 m en dessous du niveau de la levée. Une banquette fusible, constituée d'un cordon de terre de 1,75 m de hauteur destiné à se rompre en cas de débordement,  rehausse ce seuil.


DEVERSOIR DE JARGEAU

 

 

RISQUE D’INONDATION 

La presque totalité du val d'Orléans a été inondée lors des grandes crues de 1846, 1856 et 1866 par rupture de la levée. L'extension de la zone inondée a été un peu différente en fonction de l'endroit de la brèche et du moment où elle s'est produite. En effet, plus la brèche était située en amont, plus la zone inondée a été importante.

Ainsi c'est la crue de 1846 qui a provoqué l'inondation la plus étendue vers l'amont, jusqu'à Sigloy (brèche à Ouvrouer-les-Champs au lieu-dit "Marmagne"). Il est à noter que pour des crues antérieures, des brèches s'étaient ouvertes à l'origine même de la levée, au lieu-dit "Bouteille". Mis à part quelques points hauts isolés, tout le val d'Orléans à l'aval d'Ouvrouer-les-Champs a été inondé.

Lors des crues de 1856 et 1866, la levée a cédé à Jargeau, à proximité de l'endroit de l'actuel déversoir. L'inondation n'est pas remontée au delà d'Ouvrouer.

Enfin, la crue d'octobre 1907 (la plus forte du XXème siècle) a inondé la partie aval du val d'Orléans (communes de Saint-Hilaire-Saint-Mesmin et Saint-Pryvé-Saint-Mesmin), par contournement de la levée à son extrémité aval.

Les niveaux maximums atteints aux principales échelles de crues du secteur lors de ces évènements sont les suivantes: 

Année

Débits maximaux
au m3/s

Hauteur maximale de la Loire aux échelles de crues en métres

Gien

Jargeau
ZO=98,92
Sandillon
ZO=95,87
Orléans
ZO=90,48

1846

7100 7,15   6,78

1856

7200

7,62 7,17 7,10

1866

7200

7,80 7,20 6,92

1907

4100

6,02   5,25

Dans les conditions actuelles, l'inondation du Val d’Orléans débute par l'aval, par remous dans le Loiret, pour une crue de fréquence décennale. Cette inondation, qui reste très limitée, s'étend progressivement vers l'amont pour des crues plus fortes: une crue centennale, écrêtée par le barrage de Villerest, inonderait une zone urbanisée de plus de 500 hectares sur la commune de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin.

Une brèche apparaît au lieu dit  Château Lumina,  sur le territoire de St Denis en Val,  pour une crue de période de retour 200 ans, inondant toute la partie sud d'Orléans.

Pour des crues encore plus fortes, le déversoir de Jargeau entrerait en fonctionnement (pour un débit de 7000 m3/s en Loire correspondant à une période de retour 500 ans). Il inonderait les secteurs situés à son aval, à l'exception toutefois de la ville de Jargeau qui est protégée par une levée de ceinture ouverte à l'aval.

Enfin, il ne faut pas négliger d'une part le risque de formation accidentelle d'une brèche dans la levée et d'autre part le risque d'inondations ponctuelles par infiltrations et remontée de la nappe alluviale, notamment en raison de la nature karstique du sous-sol. Des inondations ponctuelles  sont également possibles par débordement des petits affluents et directement par  ruissellement.

 

CARACTERISTIQUES DU VAL DE BOU – LATINGY

DESCRIPTION DU VAL 

Le val de Bou – Latingy a une superficie de 650 ha. Il occupe l’intérieur du grand méandre de Sandillon, en rive droite de la Loire. Il ne comporte pas de cours d’eau. Le Cens canalisé (canal d’Orléans) limite ce val au nord-ouest, en bordure de Chécy. 

Ce val  essentiellement agricole a connu un fort développement de l’urbanisation dans les années récentes. 

OUVRAGES DE PROTECTION 

Ce val est protégé en totalité par une levée continue, sans déversoir, d’une longueur de 6,75 km. Un important risque de brèches existe pour cette levée dont toute la moitié amont, entre Latingy et le hameau de la Binette, se trouve face au courant, en rive concave de la Loire. 

Lors des crues du XIXème siècle, plusieurs brèches se sont produites : brèche amont par où les eaux ont envahi le val et brèches aval lors de sa vidange. 

RISQUE D’INONDATION 

Dans les conditions actuelles, cette levée n'est pas submersible pour des crues du type de celle de 1846, 1856 et 1866. Toutefois, le val serait entièrement inondé en cas de brèche dans la levée 

Il n’y a pas d’inondation pour des crues de fréquence inférieure sauf ponctuellement par remontée de la nappe, infiltration ou  ruissellement.